Dark Light

Dois-je revenir

by Moufida Fedhila

Combien de moi
Te prie de partir

Combien de moi
A cédé
À la genèse de la nuit
Aux cendres de la mer

Combien de moi
S’est abandonné
À la fuite du rêve
S’est fait noyer
À la surprise de la poésie

Combien de moi
Ratisse
Le marteau d’un pied
Sur des frontières
Cristallisées
Et avale
Les malles du pays

Combien de moi

Combien de moi
Dans le cratère de la serrure
Sondant
Le clapotis d’Éros

Combien de moi
Des ténèbres épuisées
Me jette en étincelles

Vagabond du souvenir… Que je suis

Je ne retournerai plus
Au lit de mon oubli
De mes artères
De mes cartographies ignées

Je ne retournerai plus

Mon train, un hérisson
Maudissant le départ
Et le soir, un grillon
Rôdant
Autour d’une tresse de femme
… En laine

Je ne retournerai plus
Au fuseau de mes jours
… Taciturne
Te tissant les lettres
De soleil et d’éclipse

Je ne retournerai plus
Et mon chagrin farouche
Crépite au creux du vent
Et hennit son vacuum
Au fond de la vallée

Je ne retournerai plus à tes chaînes
et les miennes

Saurais-je revenir
Alors que mon désir fauve
N’attend plus le soir
Pour illuminer les étoiles
Et se suicider

Saurais-je revenir
Alors que de ma taille
Une volée de colombes
Se penche vers le sud
Après avoir niché dans la glace
Et apostasié

Une femme triste
Dans le périanthe du moi
Caresse une aiguille
Et crève ses jours

Saurais-je revenir
Vers le visage de mon ancêtre
Habité de mercure
Vers son habit
Brodé du souffle des dunes

Saurais-je revenir

Ondoyer comme des souvenirs
Sur les boulevards pubères

Saurais-je revenir

Saurais-je revenir
Accroché à la potence d’un exil
Réduite en miettes
Dans l’impasse de la nostalgie

À quand serai-je de retour
Et le solfège de mes soupirs
…Un souvenir

À quand serai-je de retour
Et mon âne, fatigué
Par les chagrins de l’automne

Je reviendrai

Je reviendrai
Couché sur le sol d’un cachot
Comme une semence interdite
De l’exil vers l’exil

Je reviendrai mourir à l’aube
Tisser ma mort en flocons de poussière

Je reviendrai ravaler les blessures de la mer
Moi, débris de la barque d’Ulysse

Paris, 2009

Related Posts
The Battle, 2004

Poems

Software dumps itself on our skulls, in beautiful hexadecimals I mean: the world is garbage there is nothing…