Dark Light

Après quatre ans à essayer de changer

by Ezz Darwiech, Mélanie Henry

Je parle… non parce que tu écoutes… j’écris… non parce que tu lis… j’existe… non parce que tu existes… mais sans le vouloir le sens bout en moi… le temps saigne… le rêve se purge … je sais que tout a été dit … je sais que tu sais… et quand tu ne sais pas… tu fais comme si tu savais… d’une façon qui me fait taire… et je me hais… et je te hais… et je hais le savoir, le sens et la raison… en tout cas j’ai détesté… j’oublie de nouveau… j’aime tout ce que j’ai détesté… mon coeur est peut être bon… ou peut être pas… j’ai peut être la mémoire d’un poisson rouge… ou peut-être n’y a-t-il pas assez de temps pour aimer et haïr… il y a mieux à connaître, mieux à faire… des choses plus importantes que ce que nous connaissons toi et moi… beaucoup de faux… beaucoup de vrai… « mais le temps fait défaut pour évaluer chaque chose, distinguer le vrai du faux » … les normes se chevauchent, elles se multiplient au point d’en disparaître… jusqu’à la stupidité collective… alors rien ne s’appelle « vrai »  ou « faux » …

Le temps manque… c’est tout ce que nous devons savoir… toi et moi… eux… nous tous… peut-être notre manque de connaissances rend-il les choses banales… d’autres sans goût… sans sens… sans compréhension… « sans raison ni logique » … ou nous ne connaissons pas les causes… ou nous connaissons les causes mais craignons d’y penser… ou nous y faisons face… comme nous vivons la fin de ce monde misérable… ou la fin d’un nouveau début que nous ne vivrons pas… « à long terme » … ou « à court terme » … je ne sais pas…

Mais l’avenir n’est pas un puzzle… la réalité ennuyeuse dure depuis un moment… peut-être ne durera-t-elle plus longtemps… la fin a commencé il y a quelques années seulement… ou peut-être a-t-elle commencé il y a longtemps et nous ne le savons pas… peut-être il y a très longtemps et la révolution était la fin… la révolution contre la normalité, la bêtise, l’injustice, le racisme, la cruauté, la pauvreté, l’aigreur, le gouvernement, l’ignorance, l’idiotie, le romantisme, la bonté et la malveillance… révolution contre la tragédie de l’humanité et ses crimes… ou révolution universelle contre les phénomènes naturels… révolution contre tout ce que nous connaissons… peut-être… je ne sais pas…

Selon moi, la fin commence tous les jours avec la routine et la cruauté… mais nous qui ne nous rendons pas compte… ou qui ne voulons pas nous concentrer… la vérité est très amère… et ses répliques terrifiantes… nous savons tous, nous sommes convaincus… mais impuissants… nous ne faisons rien… ou nous faisons plein de choses à distance du vrai…

Chacun se contente de faire ce qu’il sait faire… la routine… dans ces phases exceptionnelles de transition historique comme celle où nous vivons, céder à l’ennui est encore la solution la plus sûre… le chemin connu préférable au nouveau où le savant devient ignorant… quand vient le temps du danger… le sens de l’aventure décroît chez l’humain… expérimenter la vie devient une aventure… une journée est une aventure… une heure est une aventure… toi et moi sommes une aventure… et dans ces moments tout autre que moi devient stupide et naïf… la stupidité devient un fardeau… un fardeau pour nos esprits et tout ce que nous savons et eux ne savent pas… dans ces temps d’aventure… il n’y a parfois pas de temps pour les autres….

La catastrophe véritable a lieu quand ils savent mais ne font rien… comme nous… ou non… ils font parfois du bruit… ce bruit empire le mal… le problème est une calamité… la malédiction est une destinée à long terme…. la réalité devient une maladie sans traitement… un poison dont l’antidote se résume à la patience, la contemplation et la possibilité de se taire… le silence face au vacarme… se résigner à perdre le bénéfice de temps, de l’énergie, des rêves… jusqu’à l’indifférence…

LE MONDE NE RÉPOND
PAS À NOS SOUHAITS …
NI AUCUN ÉTAT, AUCUNE
VILLE, AUCUNE RUE,
AUCUNE MAISON… AUCUN
TEMPS, AUCUN LIEU,

aucune personne, aucune chose… Nous ne répondons pas à nos souhaits… Je ne réponds pas à mes souhaits… L’enfer c’est la réalité et sentir le temps passer… Jusqu’à la douleur.

Tous les jours au réveil, quand je passe des rêves à la réalité, ma première pensée, la première chose que je me dis c’est : « Non… ma place n’est pas ici… je dois partir le plus loin possible »… je passe ensuite la journée, quelle qu’elle soit, à penser à la même idée, au même sujet… cela dure depuis des mois et des années… chaque jour plus fort que la veille…

Ma place n’est pas ici… je dois m’éloigner… faire autre chose que je ce que je fais… connaître de nouvelles choses, autres que celles que je connais déjà… vivre dans une situation autre que celle-ci… pourquoi tout cela a-t-il lieu ?… la vie pourrait être autrement… cette situation pourrait être autre, meilleure… pourquoi tout est compliqué quand cela pourrait être simple et demander moins d’effort, moins d’énergie… qui est responsable de toute cette laideur… il serait pourtant facile de la remplacer par du beau… ma place n’est pas ici… ici rien ne changera quoi que j’essaye, quoi que je rêve, quoi que je fasse… le seul changement est toujours pour le pire…

Je dois renaître… ou je n’aurais pas du naître… pourquoi suis-je venu à la vie ?… pour gaspiller le temps ?… pour être un petit détail parmi les nombreux petits détails d’une grand tableau de détails… et je suis chanceux ?… ce tableau est peut-être fade ou mauvais ou personne ne le regarde ou personne ne l’aime… et le pire, c’est d’être dans ce tableau sans le vouloir… je ne veux pas être un détail quelque soit son rôle ou son influence dans le tableau…

Mais au final je ne renaîtrai pas… et je suis toujours là… tout ce qui s’est passé, tout ce qui se passe… la routine et la cruauté… cela s’est passé, se passe et se passera encore… malgré moi… malgré ce que je désire, ce que je fais, ce que je rêve… malgré eux, malgré nous…

Et qui sait ?… demain sera peut être une surprise… quelque chose d’inattendu aura lieu… différent de tout ce que je connais et que nous connaissons… qui me fera changer d’avis sur le tableau, sur ici et sur tout ce qui se passe.

Et d’ici qu’arrive un lendemain inattendu… je parlerai, non parce que tu écoutes… j’écrirais, non parce que tu lis… j’existerai… non parce que tu existes… et tous les jours en me réveillant je me dirai « ma place n’est pas ici »…

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